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  • Nathalie CROMBEZ D.O.

Cancer et ostéopathie : pourquoi se tourner vers son ostéopathe pendant ou après un cancer ?

Mis à jour : 11 janv. 2019



Bonjour,


Je souhaite évoquer un thème qui me tient à cœur : la pratique de l’ostéopathie dans le cadre du cancer. C’est un sujet que j'ai particulièrement voulu approfondir au cours de mes études et qui constitue aujourd'hui un motif régulier de consultation parmi les personnes accueillies et suivies au sein de mon cabinet. De prime abord, lorsque l’on pense au cancer, on n’y associe pas forcément l’ostéopathie. On peut se demander ce qu’un ostéopathe pourra apporter pendant ou après un cancer.


Si de nombreux ostéopathes ont accompagné des patients pendant ou après un cancer et ce depuis plusieurs années, peu d’études ostéopathiques ont abordé le sujet avec sérieux. Cet article traite essentiellement d’une réflexion menée autour de mon expérience clinique, du retour des patients concernés et d’échanges que j’ai pu avoir avec différents professionnels.


En résumé, pour quelles problématiques liées au cancer puis-je me tourner vers un ostéopathe ?


- Pour pallier les effets secondaires liés aux traitements (chimiothérapie, immunothérapie, radiothérapie, hormonothérapie) : douleurs, neuropathies, nausées ou autres troubles digestifs, troubles du sommeil, fatigue, stress.

- En accompagnement des interventions chirurgicales : avant, pour préparer le corps à être le plus disponible possible à recevoir l’opération. Après, pour aider à récupérer efficacement : mobilité, qualité cicatricielle, énergie.





Nous allons à présent développer ces différents points afin de comprendre au mieux la place que l’ostéopathie peut avoir dans le parcours de soin du cancer.



L’ostéopathie au cœur des soins de support du cancer


En modifiant le bon fonctionnement d'un ou de plusieurs organes, le cancer vient perturber l'équilibre général de l'organisme, entraînant symptômes et troubles à distance de la zone atteinte ou affectant le corps dans son ensemble. Les traitements curatifs ou préventifs (chirurgie, chimiothérapie, radiothérapie, immunothérapie, hormonothérapie), bien qu'indispensables pour enrayer la maladie, comportent en parallèle certains effets dits indésirables, qui complexifient d'autant le vécu du patient.

La maladie et ses traitements sont ainsi susceptibles de placer les personnes atteintes dans une situation de chronicité en termes de douleurs, de troubles fonctionnels (digestifs, du sommeil, de fatigue, etc).


Dans ce contexte et pour répondre à de tels défis, sont apparus les soins dits de support : ce sont tous les soins qui accompagnent la personne pendant et après le cancer et qui viennent donc en soutien des conséquences de la maladie elle-même, ou de ses traitements. Depuis 2017, l’ostéopathie intègre officiellement les soins de support oncologiques (reférentiel afsos), dans une perspective d'accompagnement pluridisciplinaire aux côtés d'autres thérapies non médicamenteuses, telles que l'acupuncture, l'activité physique adaptée, la sophrologie...


La globalité au service de l’individualité


Le ressenti physique, psychique et social de chaque personne est unique, même au travers d’une pathologie semblable. Par exemple, les effets secondaires aux traitements ne sont pas tous systématiques et sont vécus différemment par chacun. Il en va de même en ce qui concerne le retentissement propre de la maladie. Partant de cette observation, l’approche ostéopathique paraît particulièrement appropriée puisqu’elle considère chaque individu comme unique, à travers son histoire, son environnement, son hygiène de vie et sa psychologie.


Pendant le traitement, le patient sera également pris en compte dans sa globalité, parce qu’il fonctionne comme un tout. Suite à un cancer du sein par exemple, l’ostéopathe pourra réaliser son traitement non pas uniquement sur la zone concernée par la pathologie mais sur l’intégralité du corps du patient.



La question de la fatigue


Les traitements actuels du cancer demandent au corps de nombreuses ressources (métabolisation et élimination des traitements médicamenteux, récupération post-opératoire, troubles digestifs, cutanés, hématologiques ou neurologiques...) et la plupart des patients témoignent d'une fatigue élevée liée à ces traitements (Liens vers des études et documents: 1, 2, institut national du cancer). Leur qualité de vie est bien souvent diminuée pendant le cancer, mais aussi après.


Le traitement ostéopathique vise à permettre à l’organisme de retrouver ses capacités inhérentes d’autoguérison. J'entends par là que ce traitement est orienté vers le soulagement de problématiques subsidiaires à la pathologie cancéreuse afin que le corps concentre la plus grande partie de ses ressources (ce que nous appelons les capacités intrinsèques d'autoguérison) sur les priorités du moment. Il s’agit par exemple, de se défendre contre une pathologie, de retrouver des rythmes adaptés (sommeil, digestion), cicatriser sainement, de métaboliser un traitement lourd, de permettre le mouvement, etc.


En faisant cela, l'ostéopathe n'est pas celui qui cherche à retrouver un corps sain et sans pathologie cancéreuse. En revanche, il permet de conserver ou d'optimiser les ressources du corps dans le but de tendre vers un fonctionnement optimal de l'organisme.



Mobilité, douleurs, et période péri-opératoire


Des douleurs (par exemple neuropathiques, au mouvement, ou encore liées à des troubles digestifs) peuvent survenir à la suite des traitements du cancer. L’ostéopathe s’attache à trouver la cause potentielle de la douleur, afin de l’amoindrir et d’aider la personne à trouver des solutions au quotidien.

Les différentes interventions chirurgicales liées au cancer peuvent induire une restriction de mobilité (thorax, amplitude respiratoire, mobilité du bras, cicatrisation), qui est traitée par kinésithérapie la plupart du temps. À travers son approche globale, l'ostéopathe peut également apporter son appui. Il vise à aider le corps :

- à être le plus disponible possible à recevoir une opération ;

- à bien récupérer après l’opération : retrouver une bonne amplitude de mouvement, cicatriser sainement et retrouver de l’énergie.



Pour finir


L’ostéopathie ne remplace bien entendu pas le traitement médical, elle peut agir non pas en substitution mais en soutien de ces traitements.


Je précise que mon approche est douce et prudente, toujours en écoute attentive de ce que le patient peut recevoir à un moment donné (en terme de fatigue ou d’anxiété par exemple). Les techniques structurelles (« qui font craquer ») ne sont jamais une obligation et l’ostéopathie ne se limite pas à leur utilisation exclusive. Mon objectif est d'améliorer le parcours de soins de chaque personne, et les incidences quotidiennes de la maladie comme de ses traitements.




Professionnel de santé, patient, ou aidant, je me tiens à votre disposition pour toute question.



Bien à vous,


Nathalie CROMBEZ ostéopathe D.O.


07 72 01 53 92

crombez.nathalie1@gmail.com




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